Préserver sa santé mentale en aidant les autres : le rôle clé du suivi psy

Accompagnement psychologique pour soignant à Auxerre

 

Travailler dans l’aide et la santé, mission noble ou parcours du combattant ?

 

"Sarah, infirmière en réanimation, adore son métier, mais elle rentre chez elle épuisée chaque soir. Elle sait qu’elle sauve des vies, mais elle se demande parfois si elle tiendra encore longtemps ce rythme effréné. Elle culpabilise à l'idée de se plaindre alors que ses patients souffrent bien plus qu’elle..."

Vous avez choisi un métier dédié aux autres : soignant, infirmier, médecin, psychologue, éducateur spécialisé ou aide à domicile. Vous êtes en première ligne pour accompagner, soigner, écouter et soutenir. Mais avez-vous pensé à vous ? Parce que, soyons honnêtes, travailler dans l’aide, c’est parfois comme essayer de remplir un tonneau percé avec une cuillère. 

 

Les professionnels de l’aide et de la santé sont particulièrement exposés au stress et à l’épuisement

 

L’impact émotionnel du contact humain permanent

"Julien, éducateur spécialisé, accompagne des jeunes en grande détresse. Il se réveille souvent la nuit en pensant à leurs histoires douloureuses. Il ressent un poids constant sur ses épaules et a du mal à décrocher, même pendant ses congés..."

 

Passer ses journées à gérer la douleur, l’angoisse et parfois la détresse d’autrui, ce n’est pas anodin (Figley, 1995). Votre empathie vous permet d’être un excellent professionnel, mais elle peut aussi vous exposer au stress compassionnel, un épuisement émotionnel causé par une surexposition aux souffrances des autres (Joinson, 1992).

Travailler dans l’aide, c’est parfois absorber le mal-être des autres sans même s’en rendre compte. Le problème, c’est que nous ne sommes pas des éponges inépuisables. Si nous ne prenons pas le temps de nous essorer régulièrement, nous finissons par être saturés et incapables d’absorber quoi que ce soit.

 

La charge de travail : un marathon sans fin

"Léa, médecin généraliste, enchaîne les consultations sans pause. Ses journées s’étendent bien au-delà des horaires prévus. Sa vie personnelle en souffre, et elle commence à ressentir un profond épuisement qu’elle peine à admettre..."

 

Les métiers de la santé et de l’aide impliquent souvent des horaires à rallonge, une pression constante et un manque chronique de reconnaissance (Maslach & Leiter, 2016). À force de tirer sur la corde, elle finit par s’effilocher. Un suivi psychologique peut vous aider à prévenir le burn-out avant qu’il ne s’installe durablement.

Sans oublier le manque de personnel, qui vous pousse à compenser par des heures supplémentaires, parfois non payées. Vous vous retrouvez à jongler entre vos responsabilités professionnelles et votre vie personnelle, avec un équilibre de plus en plus fragile.

 

L’épuisement moral et la frustration face aux limites du système

"Vincent, assistant social, se retrouve face à une mère en détresse qui demande une aide financière pour nourrir ses enfants. Il sait qu’elle y a droit, mais les fonds sont épuisés. À force d’être confronté à ces injustices, il ressent un profond sentiment d’impuissance et de frustration..."

 

Que vous soyez soignant ou éducateur, il arrive un moment où vous vous heurtez à des limites : manque de moyens, bureaucratie, manque de reconnaissance. Cette impuissance peut être source d’une grande frustration et mener à une détresse morale (Rushton et al., 2015).

Imaginez un médecin qui sait exactement comment traiter un patient, mais qui ne peut pas le faire faute de matériel adéquat. Ou un travailleur social qui doit refuser une aide essentielle à une famille parce que les budgets sont épuisés. Ce genre de dilemmes répétés use mentalement.

 

Quels sont les risques si l’on ne prend pas soin de sa santé mentale dans ces professions ?

 

Le burn-out : quand le moteur cale définitivement

"Claire, aide-soignante en EHPAD, commence à se désintéresser de son travail. Elle se sent vidée émotionnellement, oublie des tâches simples et se surprend à répondre sèchement aux résidents. Elle a l’impression d’avoir perdu la passion qui l’animait..."

 

Le burn-out, ce n’est pas juste être fatigué, c’est l’effondrement complet après une longue période de surmenage. On se sent vidé, démotivé, et parfois même cynique vis-à-vis de son travail (Maslach & Jackson, 1981). Ce n’est pas une fatalité, mais une alerte sérieuse.

Et cela peut impacter non seulement votre santé mentale, mais aussi physique : troubles du sommeil, migraines, problèmes digestifs, baisse des défenses immunitaires… Le corps parle quand on refuse d’écouter son esprit.

 

Le stress post-traumatique : l’effet des situations émotionnellement éprouvantes

"Lucas, ambulancier, a récemment pris en charge une victime d’accident de la route dans un état critique. Depuis, il a des flashbacks incessants et sursaute au moindre bruit. Il se sent constamment en état d’alerte, incapable de se détendre..."

 

Les professionnels de la santé sont souvent confrontés à des événements traumatisants : décès, violence, situations extrêmes. Cela peut provoquer un stress post-traumatique avec des cauchemars, de l’hypervigilance et une anxiété persistante (Bride et al., 2007).

Certaines professions impliquent de voir des choses difficiles presque quotidiennement. Pourtant, il est rare qu’on prenne le temps de débriefer ou de gérer ces expériences. On encaisse, on avance… Jusqu’au jour où le poids devient trop lourd.

 

La fatigue empathique : quand aider devient trop lourd à porter

"Marie, psychologue en pédopsychiatrie, commence à ressentir une forme d’indifférence face aux récits de ses jeunes patients. Elle a de plus en plus de mal à s’investir émotionnellement et se demande si elle n’est pas en train de perdre ce qui faisait d’elle une bonne thérapeute..."

 

L’épuisement compassionnel est un phénomène courant dans les métiers de l’aide. Il s’agit d’une forme d’usure émotionnelle liée à une surexposition aux souffrances des autres (Figley, 2002). À terme, cela peut engendrer une perte d’intérêt pour son travail et un détachement affectif.

Cela se manifeste souvent par une diminution de la patience, une forme d’indifférence et une perte de motivation. Vous aimez toujours votre métier, mais vous n’avez plus l’énergie d’y mettre du cœur.

 

Comment un suivi psychologique peut-il aider les professionnels du soin et de l’aide ?

 

Un espace pour déposer le poids des émotions

"Paul, chirurgien, a toujours gardé ses émotions pour lui. Lorsqu’il commence une thérapie, il réalise à quel point il refoule ses ressentis. Progressivement, il apprend à extérioriser son stress et à mieux gérer son quotidien."

 

Parler de ses difficultés à un professionnel permet de relâcher la pression. Un psychologue peut vous aider à mettre des mots sur vos ressentis, à prendre du recul et à mieux gérer votre stress (Norcross & VandenBos, 2018).

Au fil des séances, vous développez des outils pour comprendre vos réactions, identifier vos limites et mettre en place des stratégies d’adaptation plus saines.

 

Prévenir plutôt que guérir : l’importance du suivi régulier

"Isabelle, assistante sociale, consulte un psychologue une fois par mois. Grâce à cet espace, elle prend conscience des signes de fatigue avant qu’ils ne deviennent trop envahissants. Elle ajuste son rythme de travail et se sent plus épanouie."

 

Un suivi psychologique ne sert pas seulement en cas de crise. Il peut être un outil de prévention pour mieux gérer la charge émotionnelle, développer des stratégies d’adaptation et éviter l’épuisement (Shanafelt & Noseworthy, 2017).

Certains établissements de santé ont d’ailleurs intégré des espaces de parole et de supervision psychologique pour leurs équipes, avec d’excellents résultats.

 

Apprendre à poser des limites pour préserver son équilibre

"Thomas, kinésithérapeute, a toujours accepté tous les patients qui venaient à lui, quitte à sacrifier son propre bien-être. En thérapie, il apprend à dire non et à respecter ses propres limites, sans culpabiliser."

 

Il est essentiel d’apprendre à dire "non" et à protéger son énergie. Un suivi peut vous aider à identifier vos limites et à éviter la surcharge émotionnelle tout en restant investi dans votre travail (Gérain & Zech, 2019).

 

Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres

Travailler dans l’aide et la santé, c’est un engagement admirable, et cela ne doit pas se faire au détriment de votre propre bien-être. Un suivi psychologique n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Vous prenez soin des autres chaque jour, alors pourquoi ne pas aussi prendre soin de vous ? Après tout, comme dans l’avion, on met d’abord son propre masque à oxygène avant d’aider les autres !

 

Prenez soin de vous, et souvenez-vous : même les super-héros ont besoin de repos !

 

Références

  • Bride, B. E., Robinson, M. M., Yegidis, B., & Figley, C. R. (2007). Development and validation of the Secondary Traumatic Stress Scale. Research on Social Work Practice, 17(1), 27-35.
  • Figley, C. R. (1995). Compassion fatigue: Coping with secondary traumatic stress disorder in those who treat the traumatized. Brunner/Mazel.
  • Figley, C. R. (2002). Compassion fatigue: Psychotherapists’ chronic lack of self-care. Journal of Clinical Psychology, 58(11), 1433-1441. 
  • Gérain, P., & Zech, E. (2019). Work stress and burnout among nurses: Role of the work environment and coping strategies. Revue Européenne de Psychologie Appliquée, 69(3), 125-132. 
  • Joinson, C. (1992). Coping with compassion fatigue. Nursing, 22(4), 116-121. 
  • Maslach, C., & Jackson, S. E. (1981). The measurement of experienced burnout. Journal of Occupational Behavior, 2(2), 99-113. 
  • Maslach, C., & Leiter, M. P. (2016). Burnout: The cost of caring. Malor Books.
  • Norcross, J. C., & VandenBos, G. R. (2018). Leaving it at the office: A guide to psychotherapist self-care. Guilford Press.
  • Rushton, C. H., Batcheller, J., Schroeder, K., & Donohue, P. (2015). Burnout and resilience among nurses practicing in high-intensity settings. American Journal of Critical Care, 24(5), 412-420. 
  • Shanafelt, T. D., & Noseworthy, J. H. (2017). Executive leadership and physician well-being: Nine organizational strategies to promote engagement and reduce burnout. Mayo Clinic Proceedings, 92(1), 129-146.